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Extension des glaciers du Mindel dans les Alpes du Dauphiné PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Claude Beaudevin   
Mercredi, 20 Mars 2013 09:45

Version du 20 mars 2013
 

Les premiers résultats de nos études, concernant essentiellement notre méthode et son application aux Alpes du Dauphiné, ont fait l'objet d'une communication à la Société Hydrotechnique de France le 31 mars 2010.

Nous signalons toutefois qu'elle n'a plus maintenant qu'un intérêt historique, car ultérieurement, la méthode utilisée au départ s'est affinée et l'extension géographique s'est agrandie.

 

Les glaciers du Würm et du Riss ont laissé des traces de leur passage dans les Alpes. Ces glaciations ont fait l'objet de nombreuses études, principalement basées sur l'examen de leurs dépôts. Les glaciations  quaternaires plus anciennes, par contre, ont été moins étudiées. Leurs vestiges sont en effet rares et leur affectation à telle ou telle glaciation est souvent hypothétique. L'érosion postglaciaire a en effet détruit la plus grande partie des dépôts qui se sont produits dans les reliefs montagneux, du fait de la raideur des versants et de l'importance des actions interglaciaires et postglaciaires.

On mentionne seulement des collines légèrement en amont de Sisteron, que la carte géologique date du Mindel, mais certainement pas de son pléniglaciaire, compte tenu de leur altitude. Les reliefs les mieux conservés sont ceux de la Lagouna (vallée de la Roya, Alpes-Maritimes) ainsi que des dépôts glaciaires proches d'Orcières (Hautes-Alpes), une ancienne moraine au sommet du Serre Chauvière dans la vallée de la Drôme et d'autres encore dans le sud-ouest du Vercors, au-dessus du col des Limouches, près de Léoncel (Drôme). Ces résidus glaciaires présentent en commun le fait de se situer en altitude, sur des reliefs peu inclinés et dans des situations telles qu'ils n'ont pas été soumis à l'érosion par les eaux courantes.

Cependant, ils ont été exposés à l'érosion chimique par les eaux météoriques et d'infiltration, qui ont fait disparaître les éléments rocheux de la surface. Seuls ont pu résister des blocs erratiques, déposés jadis par le glacier et fractionnés ultérieurement par le gel, mais encore bien reconnaissables : c'est ce que nous avons nommé clapiers de gélifraction, identifiables sur le terrain et parfois même sur les cartes et les vues aériennes de Geoportail.

Les méthodes classiques d'analyse ne permettent souvent pas de les identifier comme terrains glaciaires et encore moins de les dater. Dans tous les exemples que nous avons rencontrés et cités ci-dessus, ils ne sont pas indiqués sur les cartes géologiques au 1/50 000.

L'extension des glaciers anté-rissiens dans les Alpes, en particulier de ceux du Mindel, est donc peu connue. Il faut en effet faire appel à d'autres signatures que les dépôts, plus pérennes qu'eux, que nous avons appelés sites témoins.

Les sites témoins

Nous appelons sites témoins des formes du relief, visibles encore de nos jours et qu'il est possible d'attribuer d'une manière certaine à l'action de glaciers lors de glaciations quaternaires (Würm, Riss, et même Mindel).

Dans ces pages, nous délaisserons les sites würmiens et rissiens objets de nos études précédentes et qui sont traités dans d'autres pages de ce site, pour ne considérer que les sites datant du Mindel. Ces sites témoins, tous dus à l'érosion glaciaire et qui sont encore visibles de nos jours, peuvent servir à étudier l'extension des glaciers. Ils appartiennent à différents types: sommets d'épaulements, prairies d'alpages, verrous glaciaires, falaises, etc. Nous en dressons ci-après un rapide inventaire, non exhaustif pour autant.

Les sommets d'épaulements

Il est connu, en effet, que les glaciers de vallée engendrent, sur les contreforts descendus des sommets qui bordent la vallée, des épaulements dont les sommets se situent à quelques dizaines de mètres sous la surface du glacier. Nous avons inversé cette constatation et estimé que l'altitude du sommet des épaulements d'origine glaciaire, majorée de quelques dizaines de mètres, fournissait la cote de surface du glacier responsable de leur formation, compte non tenu des mouvements orogéniques, des effets du rebond isostatique et de ceux de l'érosion, dont nous parlerons plus loin. Ceci nous a permis de déterminer les limites des glaciers qui circulaient dans les vallées lors des différentes glaciations.

Notons cependant que l'on rencontre parfois des épaulements dans des vallées qui n'ont jamais été parcourues par des glaciers. Nous verrons plus loin comment il est possible de les distinguer des épaulements glaciaires.

Suivez ce lien pour plus de détails sur la règle des sommets d'épaulement.

Responsabilité des eaux glaciaires dans la genèse des épaulements

Si les glaciers sont responsables de la création des épaulements, comment ont-ils procédé ? Nous pensons avoir prouvé ailleurs dans ce site que ce n'est pas la glace elle-même qui a executé la plus grande partie du travail, mais qu'elle n'est intervenue que d'une manière secondaire. Selon nous, ce sont essentiellement les eaux glaciaires qui coulaient contre les rives à faible profondeur sous la surface, qui ont engendré ces reliefs, de même que ce sont les eaux glaciaires coulant sur le fond d'auge qui ont donné à la vallée une section en U.

On trouvera plus de détails à la page sur la circulation des eaux glaciaires. Mais l'adhésion à cette théorie de responsabilité des eaux glaciaires n'est pas indispensable pour pouvoir étudier l'extension des glacier

Les prairies d'altitude

En altitude, nous avons remarqué que la présence de prairies est très caractéristique du passage d'un glacier. Cette remarque que nous avons nommée règle des prairies, permet également la création de sites témoins.

Plus de détails et exemples d'application de la règle des prairies.

Les verrous terminaux

Lorsqu'un glacier de vallée rencontre sur son parcours un compartiment de roches dures, on sait qu'il le façonne en verrou. Nous appelons verrou terminal l'ultime verrou que rencontre le glacier lors de son extension maximum, à son pléniglaciaire.

Ce verrou terminal constitue donc la frontière entre l'érosion glaciaire à l'amont et les érosions torrentielles et fluviatiles à l'aval. Ces dernières donneront naissance à des gorges plus ou moins étroites qui s'encastreront lentement dans les roches du verrou puis, plus à l'aval, donneront à la vallée une section en V. Ces gorges, parfois véritables canyons, très remarquables de nos jours, peuvent donc marquer l'extension maximum du glacier lors de son pléniglaciaire.

Plus de détails et exemples d'application sur les verrous terminaux.

Glaciers et falaises

Notre étude a montré aussi que, très souvent, l'altitude atteinte par les glaciers lors de la glaciation du Mindel se situe quelques dizaines de mètres au-dessus de la base des falaises actuelles. Les ravinements et les versants d'érosion que portent parfois les flancs des vallées glaciaires sont également liés à l'altitude de ces glaciers. Ces divers témoins du passage des glaciers (falaises, ravinements, versants d'érosion) ne sont toutefois pas assez précis et nous ne les avons que rarement utilisés.

Plus de détails et exemples d'applicationsur les glaciers et falaises.

Convergence des résultats

Pour que l'on puisse considérer comme valable une méthode des sites témoins, il est nécessaire que, tout au long d'une vallée parcourue par un même appareil, cette méthode fournisse des valeurs d'altitude de sa surface glaciaire variant d'une manière continue lorsqu'on suit la vallée. C'est effectivement le cas, ainsi qu'on pourra le voir dans la suite de cette étude.

 
Quelle différence entre « altitude actuelle » et « altitude d'origine 

Les glaciers du Mindel

Dans les Alpes du Dauphiné, en particulier dans le massif du Vercors, nous avons pu identifier les sites témoins créés par deux glaciations antérissiennes, que nous avons baptisées, du nom de sites remarquables, Glaciation Grotte Vallier et Glaciation La Molière (ou Glaciation Maximum).

Dans la suite de notre étude portant sur la datation des dépôts stalagmitiques de la Grotte Vallier, la glaciation qui porte ce nom s'est révélée être celle du Günz. Le petit nombre de ses sites témoins qui ont survécu au passage de la glaciation du Mindel, plus importante, ne nous a cependant pas permis de mener à bien une étude générale de son extension.

Par contre, la glaciation du Mindel - encore appelée au début de notre étude Glaciation Maximum – la plus importante dont on puisse trouver des traces dans les Alpes du Dauphiné, s'est révélée très riche en sites témoins. Ceux-ci sont, de plus, aisés à identifier puisque – par définition pourrait-on dire - ce sont les plus élevés rencontrés sur chaque contrefort.

Les résultats

L'ampleur des Alpes dauphinoises concernées par cette étude a nécessité leur découpage en différents domaines :

 

et, non représentés sur la carte :

enfin, hors Alpes Dauphinoises :

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Mise à jour le Vendredi, 14 Octobre 2016 13:11