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La façade SW du Vercors, du Pas de Boussière à Plan de Baix PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Claude Beaudevin   
Vendredi, 16 Juillet 2010 11:39

Version du 16 août 2016
 

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E - pénétration des glaces du lobe par le Pas de Boussière et flux de Boussière

À l'extrémité sud de la vallée de la Chauméane, nous voici rendus dans le secteur du Pas de Boussière, où avait lieu une autre pénétration des glaces du lobe, dont nous estimons l'altitude de surface comme étant de l'ordre de 1000 mètres, selon les sites témoins D 1007et D 1012.

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Circulation des glaces au Mindel dans le Vercors au sud de La Vacherie

Or, au sud du Pas de Fontfène, jusqu'au Pas de la Croix, sur une longueur de plus de 3000 mètres, la façade sud-ouest du Vercors reste toujours à une altitude inférieure à 900 mètres. La glace du lobe pouvait donc pénétrer sur le plateau du Vercors sous une épaisseur supérieure à 100 mètres, voire même, au Pas de Boussière lui-même, où l'altitude du sol est de 750 mètres, sous une épaisseur de 250 mètres.

Ce nouvel apport des glaces du lobe était donc plus important que ceux qui provenaient des franchissements signalés plus haut dans cette page. En particulier, c'était ici toute la tranche supérieure des glaces du lobe qui pénétrait à l'intérieur du Vercors, sur une longueur de plus de 3000 mètres et sous une épaisseur qui atteignait 250 mètres sur le Pas de Boussière.

Cette fois, c'était non seulement la glace, mais également les eaux glaciaires latérales du lobe, qui coulaient en effet à une profondeur de 150 mètres environ sous la surface, soit vers 850 mètres d'altitude, qui pénétraient à l'intérieur du Vercors.  C'est l'énorme dèbit  de ces eaux qui a donné au vallon de Boussière sa grande largeur et qui, plus en aval, a creusé les gorges de Lespéri.

Le flux de Boussière

Nous appellerons flux de Boussière le flux de glace résultant de cette pénétration et qui descendait vers le sud le vallon de Boussière. Ce flux s'écoulait sans communiquer avec les autres flux qui ont été décrits dans les lignes précédentes. Sa rive est s'appuyait contre le chaînon Péomé (939 m) / Serre Château (952 m) / Rocher de St Supiére (900 m).

Au début de son parcours, ce flux de Boussière recouvrait l'emplacement des actuelles fermes Marquet (754 m) et Mourras (770 m). Près de la ferme Marquet se situe une forme de végétation en demi-cercle, d'une étonnante régularité, que nous avons appelée « en fer à cheval » et qui est décrite, en même temps que d'autres formes remarquables, dans cette page.

Au Pas du Buis, l'altitude de la façade sud ouest du Vercors augmente brutalement, passant de 800 mètres à 930 mètres, alors que,de son coté, l'altitude de surface du lobe s'était abaissée. Le franchissement du Pas de Boussière prenait donc fin à ce Pas du Buis. Toutefois, la glace du flux de Boussière continuait à descendre le vallon éponyme. Elle remplissait ce vallon d'un bord à l'autre, comme le montre, au sud du Pas du Buis, la présence de clapiers d'origine glaciaire sur la crête qui domine la ferme en ruine de Gambetta. Le plus élevé de ceux-ci (E 940) nous montre en effet une altitude de surface glaciaire égale ou supérieure à 940 m.

Plus au sud, l'altitude de la façade du Vercors, formée maintenant par la crête de La Raye, s'élève ensuite à plus de 1000 mètres d'altitude et les glaces du lobe ne pouvaient donc la franchir.

Dans les étroites gorges de Lespéri, par lesquelles se termine le vallon de Boussière, nous n'avons identifié aucun site témoin valable, ce qui nous semble dû probablement au fait que le glacier consistait ici en une succession de chutes de séracs, peu propices à la constitution de sites témoins.

Au sortir des gorges de Lespéri, le flux de glace du vallon de Boussière, parvenu à l'extrémité de la dalle de calcaire urgonien du Vercors, quittait celle-ci et donnait naissance au glacier de la Basse Drôme, décrit plus bas dans cette page.

G - Le flux du Col Jérôme Cavalli

Ce flux du col Jérôme Cavalli était la suite vers le sud du flux de la Chaumèane, après que celui-ci ait contourné par l'est le sommet de Rousset (966 m). Passé ce sommet, ce flux de la Chaumèane confluait, sur un seuil long de 800 mètres à 913 mètres d'altitude, au nord-est du Péomé, avec les glaces qui venaient de pénétrer par le Pas de Boussière.

C'était là que prenait naissance le flux du Col Jérôme Cavalli, ainsi appelé du nom du col éponyme.

Un peu plus loin, au-dessus de l'étroit Pas de Frécou, se produisait un nouvel échange de glaces avec celles du flux de Boussière. Continuant vers le sud, le flux du col Jérôme Cavalli courait alors parallèlement à celui de Boussière, séparé de celui-ci par le chaînon qui s'étend de Serre Château (952 m) au Rocher de St Supiére (900m). Entre ce chaînon et Côte Blanche, les sites témoins D 1095, D 1055, G 904, G 926, G 928 et G 931 nous montrent que la glace remplissait la vallée jusqu'à une altitude de l'ordre de 1095 mètres au nord, s'abaissant vers le sud jusqu'à 950 mètres au sud du col Jérôme Cavalli.

Près du col, nous signalerons la présence d'un fer à cheval, celui des Gaudilles, ainsi que d'autres curieux éléments de relief, qui font leur objet d'une page spéciale.

D'altitude légèrement inférieure à 1000 mètres lorsqu'elle se séparait du flux de Boussière, la surface du flux du col Jérôme Cavalli s'abaissait donc à 800 mètres environ lorsque, peu avant d'atteindre Gigors, elle plongeait dans les gorges du Grand Mur pour rejoindre le glacier de la Basse Drôme. Entre cette gorge du Grand Mur et, plus à l'ouest, le vallon de Font Pérot, le Plateau du Savel était recouvert par une langue de glace ainsi que le montre la présence des prairies de G 736.

Avant d'étudier le large glacier de la Basse Drôme, il nous reste à décrire un dernier glacier de la façade sud-ouest du Vercors, le plus long  et le plus oriental, le glacier de Léoncel / col Bacchus.

H - le glacier de Léoncel / col de Bacchus

Rappelons, ainsi que nous l'avons dit plus haut, que ce glacier prenait naissance sur Léoncel et qu'Il était dù à la conjonction des glaces du flux A1 qui pénétrait par le col de Tourniol avec celles en provenance des glaciers du sud du Royannais. L'altitude de la surface glaciaire était à cet endroit d'environ 1250 mètres.

Sur le Péguinier, un sommet d'épaulement à pommeau (H 1130) nous fournit une altitude de surface du glacier voisine de 1130 mètres, ce qui est également le cas plus en aval des sites témoins H 1135, H 1134.

Dans la vallée voisine de la Gervanne, les sites témoins J 1125, J 1133 et J 1169, indiquent la même altitude de surface glaciaire, voisine de 1130 mètres, pour le glacier qui s'écoulait dans cette vallée. À cette altitude, les glaces de la Gervanne communiquaient donc avec celles du glacier de Léoncel / Col de Bacchus en passant sur la Montagne du Vellan, dont le sommet se situe à 1089 mètres. On notera que son altitude en fait d'ailleurs un sommet façonné lors du pléniglaciaire. Un échange de glace devait donc se produire entre le glacier de la Gervanne et celui de Léoncel / Col de Bacchus.

En résumé, dans les environs de La Vacherie, le glacier de Léoncel / Col de Bacchus voyait donc se réunir les glaces des flux provenant :

      • des sommets sud du Royannais,

      • de la pénétration des glaces du lobe par le col de Tourniol (flux A3),

      • de l'échange de glace avec le lobe par le col des Limouches,

      • de l'échange de glace avec le glacier de la Gervanne,

ces deux échanges de glace pouvant fonctionner dans un sens ou dans l'autre en fonction des inerties différentes des glaciers intéressés.

La carte qui suit représente le cheminement des flux de glace.

Circulation des glaces au Mindel sur la façade SO du Vercors

La prise en compte des sites témoins H 1130, H 1135, H 1134, H 1128, H 1129, H 1131, J 1125 et J 1133 montre que le glacier de Léoncel / Col de Bacchus présentait ici un replat, long de quelque 7 km, qui, entre le Péguinier et le sommet 1136 de Côte Blanche se maintenait à une altitude voisine de 1130 mètres. En particulier, tout au long de la crête de Côte Blanche, qui séparait le glacier de Léoncel / Col de Bacchus de celui de la Chaumèane, la présence de prairies et d'innombrables clapiers, nous confirment une altitude de surface glaciaire de 1130 mètres environ. C'est le cas, par exemple, des quatre clapiers (H 1129), qui indiquent une surface glaciaire d'altitude égale ou supérieure à 1129 mètres.

Les quatre clapiers H 1129 sur la crête de Côte Blanche

La largeur à la base de chacun des clapiers est d'une dizaine de mètres

Un autre exemple remarquable, celui-ci au sud du replat à 1130 mètres, mais que nous ne résistons pas au plaisir de citer ici, car ces clapiers H 1059,  résultats de la gélifraction d'un énorme bloc erratique, forment un cercle parfait de 16 mètres de diamètre.

Résultat de la gélifraction d'un bloc erratique

Ces innombrables clapiers de la crête de Côte Blanche sont dus à la gélifraction de blocs erratiques situés sur la moraine rive droite du glacier de Léoncel / Col de Bacchus et non sur le glacier de la Chaumèane, d'altitude nettement inférieure.

En effet, au fur et à mesure de sa progression vers le sud, le glacier de Léoncel/Col de Bacchus débordait, en profitant de chaque point bas de la crête de Côte Blanche et envoyait les couches supérieures de ses glaces vers l'ouest, dans la vallée de la Chauméane. Des traces de ces franchissements subsistent dans la face ouest de Côte Blanche, telles celles que l'on peut voir sur la photo suivante, sous la forme d'une suite de prairies aboutissant à la « doline » de Benoît, hors photo, sous le coin inférieur gauche de celle-ci.

Prairies dans la face ouest de Côte Blanche

Prairies dans la face ouest de Côte Blanche
Image sensible au passage de la souris

Rive gauche du glacier, les sites témoins H 1089 et H 1078 indiquent une surface glaciaire située à des altitudes inférieures à 1130 mètres, qui montrent une légère pente de la surface glaciaire vers l'est.

Toujours sur la rive gauche, mais plus au sud, près du col de Bacchus, le petit sommet du Périmet (1020 m) constitue le pommeau d'un sommet d'épaulement H 1045, qui fournit une altitude de glacier voisine de 1045 mètres. Cette altitude est confirmée par la règle des falaises s'appliquant à la falaise sommitale du versant ouest de la crête du Vellan, dont la base cote effectivement 1050 mètres environ ainsi que par l'existence de légers franchissements de cette crête par le Pas de Bacchus (H 1058) et le Pas des Prés (H 1065), visibles seulement sur les vues aériennes Geoportail et non sur les cartes IGN.

Continuant à descendre cette vallée, peu avant Plan de Baix, le versant est de Côte Blanche est entaillé par le gigantesque tassement de versant des Rochers de Château Girard qui domine le hameau de La Blache.

Nous pensons que ce tassement de versant s'est produit après le Mindel, sans quoi les clapiers existants dans les environs de la Blache auraient été détruits par les glaciations suivantes. De ce fait, il n'est pas concerné par notre étude.

Passé ce tassement de versant, à l'extrémité sud de Côte Blanche, un sommet d'épaulement à 1025 mètres d'altitude (H 1050), conforté par la présence d'une prairie H 998, montre qu'à une altitude de l'ordre de 1000 mètres, l'arête de Côte Blanche était franchie vers l'ouest par les glaces du glacier de Léoncel / Col de Bacchus, qui rejoignait vers Brunessart le flux du col Jérôme Cavalli.

Enfin plus au sud, on peut considérer que c'est sur Plan de Baix que, vers 700 mètres d'altitude, le glacier de Léoncel / Col de Bacchus rejoignait celui de la Basse Drôme.

Suite de l'étude sur

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Mise à jour le Vendredi, 25 Novembre 2016 12:55