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Les sites élevés d'Ancelle-Orcières PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Claude Beaudevin   
Lundi, 09 Mai 2011 12:15

 Version du 17 mars 2013

NOTE IMPORTANTE

  1. Rappelons que les altitudes des sites témoins ont été majorées (par application des règles exposées à la page  sur l'altitude atteinte par les glaciers) de 50 m pour les sillons vallonnés (SV), les sillons rocheux (SR), les roches moutonnées (RM) et les sommets d'épaulement (SE). Les altitudes des dépôts morainiques sont utilisées pour leur vraies valeurs.

  2. N'oublions pas l'effet des mouvements orogéniques et isostasiques.

  3. Les altitudes ainsi majorées, indiquées dans la colonne "Alt Glac" du tableau définissent le niveau maximum atteint par les glaces.

 

Les environs d'Ancelle et d'Orcières au temps du Mindel

La vallée du Drac, dans la région d'Ancelle et d'Orcières (Hautes-Alpes), présente un certain nombre de sites témoins du plus grand intérêt. Il s'agit de sommets d'épaulements et d'un dépôt glaciaire représenté sur la carte géologique Orcières. Dans cette petite région, cet ensemble de sites caractéristiques suggère qu'un glacier très élevé a coulé ici jadis, dont la surface s'élevait aux environs de 2100 m, altitude lue dans le relief actuel.

L'examen des sites de cette région Ancelle-Orcières présente un intérêt, non seulement local, mais encore très général, ainsi qu'on le verra plus loin.

Sites témoins élevés de la région d'Ancelle-Orcières (repères AO)

Ces sites témoins élevés sont recensés dans le tableau qui suit :

Légende du tableau

 

Rep

Site

Alt (m)

Alt glac (m)

Type

Carte TOP25

Carte géol

Coordonnées WGS84

AO1

Le Cuchon

2002

2050

SE

3437OT

Orcière

32T 279800 4946200

AO2

L'Aiguille

(Face N Petite Autane)

2092

2140

SE

3437OT

Orcières

32T 281500 4947750

AO3

L'Arche (Arête W)

2105

2155

SE

3437OT

Orcières

32T 280800 4942950

AO4

Serre Laupette

2100

2150

SE

3437OT

Orcières

32T 283350 4948400

AO5

Croix de la Verne

2180

2230

SE
SV

3437OT

Orcières

32T 281350 4953700

AO6

Epaule SW du

Roc d'Alibrandes

2140

2190

SE

SV

3437OT

Orcières

32T 284900 4953600

AO7

Epaule SW du

Roc d'Alibrandes

2220

2220

D

3437OT

Orcières

32T 284750 4953300

AO8

Epaule N du Garabrut

2300

2350

SE

3437ET

Orcières

32T 290900 4950800

AO9

L'Arche (Arête NW)

2110

2160

SE

3437OT

Orcières

32T 281000 4943200

A titre de comparaison, nous indiquons ci-dessous un site témoin  DS13 que nous avons reconnu et identifié comme datant du Riss. Comme on peut le constater, son altitude, en bon accord avec le niveau des glaces sur le seuil Bayard au Riss, 1650 m, est nettement inférieure à celle des sites du tableau précédent.

 

Rep

Site

Alt (m)

Alt glac (m)

Type

Carte TOP25

Carte géol

Coordonnées WGS84

DS13

Sommet de Combe Belle

1770

1820

SE

3437OT

Orcières

32T 281250 4950500

 


Les sites témoins ont été reportés sur la carte ci-contre,

où l'altitude indiquée est celle de la surface du glacier.

Les sites élevés d'Ancelle et d'Orcières

Les sites élevés d'Ancelle-Orcière (Hautes-Alpes)

Le glacier dont l'altitude de surface est définie par les chiffres bleus ne peut être celui du Riss car il se situe plusieurs centaines de mètres plu haut (voir carte ci-dessous).

Examinons de plus près un des sites les plus caractéristiques, l'épaulement et les dépôts glaciaires de l'arête sud-ouest du Roc d'Alibrandes, repérés AO6 et AO7 et photographiés ici, d'une distance de 6 km, depuis un autre épaulement, celui de l'Aiguille (AO2).

L'épaule sud-ouest du Roc d'Alibrandes

L'épaule sud-ouest du Roc d'Alibrandes,

 
L'épaule sud-ouest du Roc d'Alibrandes

L'épaulement AO6 s'étend entre les points A et B sur une longueur de 300 m et l'altitude de son sommet B est de 2140 m.

 

L'existence de ce dépôt situé sur l'arête sud-ouest du Roc d'Alibrandes est un élément particulièrement important de notre étude.

La carte géologique Orcières au 1/50 000e indique que les terrains qui constituent le versant est de cet épaulement et qui culminent à 2220 m, sont d'origine glaciaire, « moraine récente ou glaciaire indéterminée ». Ceci est corroboré par l'examen de la photo ci-dessus où l'on constate bien la présence d'une prairie, colorée en jaune par les premiers froids de l'automne. On notera également l'existence d'une ravine, bien visible sur la photo, qui sépare l'épaulement de ces terrains glaciaires.

Une origine récente nous semble peu probable, car l'altitude (2140 m) ne paraît pas pouvoir expliquer la présence ici d'un glacier local post-würmien. D'autre part,il ne peut s'agir d'un glacier de cirque, vu le modelé du terrain, ni d'un glacier de paroi descendu du Roc d'Alibrandes, trop éloigné. L'orientation des sillons C, parallèles au talweg du Drac et situés sur le coté aval de l'épaulement, montre d'ailleurs bien que les dépôts ont été créés par le glacier de vallée de cette rivière et non par un appareil local.

Dans la version antérieure de cette page, nous nous interrogions : "À quelle glaciation appartenait donc le glacier qui a modelé ces formes si caractéristiques des actions glaciaires ? Au Mindel ? au Günz ? au Donau ? voire même au Biber ?".

Nous pouvons aujourd'hui affirmer qu'il ne peut s'agir que d'un appareil du Mindel pour les raisons suivantes :

  1. l'altitude de ce glacier est dans le prolongement de celle du glacier mindelien sur le col Bayard,

  2. ces dépôts n'auraient pas supporté l'érosion depuis des glaciations plus anciennes que le Mindel.

Il est rare de se trouver en face de terrains glaciaires mindeliens aussi bien conservés et dont l'altitude par rapport au relief n'a été que peu modifiée depuis leur dépôt. Nous n'avons rencontré dans ce cas que la Lagouna, dans la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes), ainsi qu'une formation du même genre située au sein de la station de Peïra Cava (Alpes-Maritimes). Un certain nombre de sites voisins, tous repérés AO sur le tableau et la carte précédents, montrent d'ailleurs bien l'existence d'un glacier dont la surface s'abaissait de 2350 m à l'épaule N du Garabrut (AO8) jusqu'à 2050 m au Cuchon (AO1).

Un cas analogue se présente dans le Grésivaudan, où un glacier de l'Isère datant du Mindel a coulé 400 m plus haut que son homologue rissien.

On notera enfin que l'existence de cette prairie sur d'anciens terrains glaciaires est un bon exemple d'application de notre règle des prairies.

 

À titre d'information, voici notre carte du glacier rissien du Bassin du Drac :

Cette carte, basée, pour la région considérée ici, essentiellement sur les relevés effectués par Maurice Gidon ainsi que sur le site DS13 relevé par nos soins, indique une altitude de 1700 m environ pour la surface du glacier rissien dans les environs d'Ancelle (voir la page sur l'altitude des glaciers dans le bassin du Drac).

Elle montre donc bien que la surface du glacier rissien dans les environs d'Ancelle se situait près de 350 m en dessous de l'altitude du glacier mindelien responsable de la création des sites caractéristiques étudiés ci-dessus.

La vallée du Drac durant le Riss

Rappelons toutefois qu'il convient de tenir compte du rôle de l'orogénie et de l'isostasie.

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Mise à jour le Lundi, 06 Mai 2013 13:35