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Stabilité des versants PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Claude Beaudevin   
Mercredi, 16 Février 2011 10:31
Version 78

Ou, tout au moins, un début de réponse. Car ce problème complexe a été peu étudié jusqu'à présent.

En premier lieu, on peut noter que, dés le départ des glaciers, les versants se sont allégés de tous les éléments qui ne leur étaient pas suffisamment adhérents. "Au sortir des glaciations, que ce soit en Alaska, dans les Rocheuses, les Cascades ou dans les Alpes, on observe généralement que les transferts terrigènes atteignent des valeurs considérables par ruissellement (absence de végétation), écroulements, glissements de terrain, remaniement des moraines, etc..." (Gilles Brocard, 2005), ce à quoi nous pouvons ajouter que la remontée en altitude du permafrost a contribué également à déstabiliser les terrains.

En conséquence, les parties inférieures des versants sont donc actuellement garnies de talus d'éboulis qui masquent souvent la pureté des formes d'origine. Nous en avons vu de nombreux exemples dans les pages précédentes.

Plus importants, les nombreux tassements de versant ou glissements en masse marquent plus les paysages et la vie humaine, tant par les dégâts qu'ils entraînent que par les difficultés qu'ils posent aux communications. Aboutissant dans un lac de barrage, ils peuvent engendrer d'énormes déplacements d'eau dévastateurs.

Dans les montagnes, ces tassements de versant peuvent être directement reliés au départ des glaciers. En effet, les appareils majestueux qui occupaient les vallées pendant les glaciations en étayaient les flancs. Après leur disparition, les contraintes de compression appliquées aux roches se sont lentement relâchées, entraînant la déstabilisation des versants.

En voici quelques exemples :

Les versants de la basse vallée de la Romanche, de Rochetaillée au Péage de Vizille (Isère), ont été affectés de très nombreux glissements.

Glissement de Rioupéroux dans la vallée de la Romanche
Image sensible au passage de la souris

Un des plus importants est celui de Rioupéroux, qui présente le faciès typique de ce genre d'accident.

On y distingue en effet les trois caractéristiques suivantes :

1 - la masse de l'éboulement, descendue de plusieurs centaines de mètres, puis immobilisée dans la pente,

2 - la niche d'arrachement, d'où est parti le glissement

3 et 4 - les flancs, raides, frontières entre la masse glissée et les terrains restés en place.

Au fond, apparaissent les crêtes du massif du Taillefer.
 

Cette trilogie, masse glissée, niche d'arrachement, flancs raides, nous allons la retouver presque systématiquement dans tous les tassements de versant.

Par exemple, dans ce tassement de versant qui a affecté la rive gauche du Vénéon, en face de Saint-Christophe-en-Oisans (Isère).

Les pentes situées au-dessus de cet éboulement abritent le petit refuge de l'Alpe du Pin.

Tassement de versant dans la vallée du Vénéon (Isère)
 

Le versant est du Moucherotte, sommet du Vercors dominant directement l'agglomération grenobloise (Seyssins) montre un gigantesque tassement de versant :

Tassement de versant de Seyssins (Isère)
Image sensible au survol de la souris
  • en 1 le Moucherotte,

  • en 2 les 3 Pucelles,

  • dans le ciel, l'arête faîtière A court entre ces deux sommets,

  • une première crête de masse éboulée s'étend entre les flèches B, séparée de l'arête faîtière par la niche d'arrachement (Vallon des Forges),

  • une deuxième crête d'éboulement, marquée par des flèches C, porte le Bois de Poussebou.

Ce tassement de versant semble, pour l'instant, stabilisé... je l'espère vivement !


Mise à jour le Mercredi, 16 Février 2011 13:18