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Quelques exemples de résistance à l'érosion karstique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Claude Beaudevin   
Lundi, 07 Juin 2010 19:29

Version du 11 avril 2018


Tous les exemples qui suivent concernent des clapiers d'origine non anthropique et aucun d'eux ne se situe sous une falaise. Par ailleurs, tous se placent à des altitudes très supérieures à celles des glaciers rissiens et würmiens, mais atteintes lors du Mindel.

Les clapiers du Bec de L'Orient (Isère)

Ce clapier, du type « à gros blocs », se trouve à l'altitude de 1540 mètres, une vingtaine de mètres plus bas que le sommet du Bec de l'Orient (1557 m). Ici, les blocs résultants du fractionnement par la gélifraction des blocs erratiques originels sont restés presque en contact et ne présentent aucune trace d'érosion karstique.

Les clapiers du Bec de L'Orient en Isère

Le clapier de Gontier

Ce clapier se situe à l'altitude de 1305 mètres, légèrement sous le sommet du Signal de Gontier (1336 m), au-dessus de Malleval en Vercors (Isère).

Le clapier de Gontier dans le Vercors (Isère)

Sur cette photo aérienne, on peut même distinguer de gros blocs au sommet du clapier. On les retrouve sur la photo ci-dessous, et leur présence au sommet du clapier prouve qu'il ne s'agit pas là d'un clapier paysan.

Le clapier de Gontier dans le Vercors (Isère)

Le clapier de Pinsaye

Pinsaye est un petit sommet de 1007 mètres situé sur le rebord du Vercors au-dessus de Combovin (Drôme). La carte au 1/25 000, ainsi que les photos aériennes, montre, vers le sommet, de nombreux clapiers. Celui-ci, de forme typique, se situe à l'altitude de 992 mètres et sa position est 44° 51' 23 N/5° 72' 06 E.

Le clapier de Pinsaye dans la Drôme

Les éléments constitutifs de ce clapier, que sa présence à cet endroit et à cette altitude permettent de dater du Mindel, ne montrent aucune trace d'érosion karstique.

Le clapier près du Pas du Margeat

Voici un clapier « à très gros blocs », en bordure de la route D 749 dans la vallée de La Chaumèane (Vercors, Isère).

Un clapier près du Pas du Margeat dans la vallée de La Chaumèane (Vercors, Isère)

Sur le plateau de la Montagne du Grand Échaillon

Ce rocher se situe sur le plateau de la Montagne du Grand Échaillon, à une altitude de 1234 m. Il ne s'agit pas exactement d'un clapier, mais d'un bloc erratique fragmenté par la gélifraction. Pas plus que les clapiers précédents, ce rocher ne montre de traces d'une quelconque érosion karstique.

Un rocher sur le plateau de la Montagne du Grand Échaillon dans le Vercors

Les Rochers de Pot Jacquin (Isère)

Pour terminer, voici le site particulièrement remarquable de Pot Jacquin, situé dans un vallonnement qui prend naissance vers 1250 mètres sur le versant est du massif des Coulmes, au-dessus du col de Romeyère (Isère) et qui s'allonge du nord vers le sud sur une longueur d'environ 900 m et une largeur de 200 à 300 m.

La particularité de ce site est de rassembler plusieurs centaines de rochers de bonne taille, beaucoup d'entre eux dépassant le mètre cube. Son extrémité sud est facilement accessible par la route forestière du Mont Noir, que l'on emprunte, au départ du col de Romeyère, jusqu'à La Cantine (1190 m). De là, on peut parcourir par un bon sentier le vallonnement jusqu'à la clairière de Pot Jacquin.

Il ne s'agit pas de clapiers proprement dits, mais la taille de ces blocs et leur disposition par groupes d'une dizaine alignés sensiblement Nord-Sud, permet de les considérer comme des blocs erratiques. Leur origine nous semble se situer sur une faille figurant sur la carte géologique, à l'extrémité nord du vallonnement de Pot Jacquin, à l'altitude de 1300 m. Au nord de cette faille, il ne semble plus y avoir de blocs.

Après leur détachement de la faille, ces blocs erratiques ont été transportés, sur une distance d'un à trois kilomètres, à la surface d'un glacier qui s'écoulait, du nord vers le sud, dans le vallonnement de Pot Jacquin. À la disparition de cet appareil, ils ont été abandonnés sur le terrain.

Au cours des glaciations du Würm et du Riss, les glaciers de la rive est de la vallée de l'Isère, à l'aplomb du col de Romeyère, n'ayant pas dépassé une altitude d'un millier de mètres, il s'agissait donc d'un glacier du Mindel. Ceci est confirmé par les altitudes de ce glacier mindellien de part et d'autre du col de Romeyère.

On notera qu'au-dessus des blocs, sous le Pas du Follet, les bancs en place présentent, eux, des traces d'érosion karstique.

Blocs sous le Pas du Follet (Isère) avec des traces d'érosion karstique

Mais ce n'est pas le cas des rochers de Pot Jacquin, dont voici quelques photos caractéristiques. Sur les photos suivantes, où l'action de la gélifraction est bien visible, on ne distingue aucune trace d'érosion karstique.

Rochers de Pot Jacquin (Isère) sans aucune traces d'érosion karstique

Rochers de Pot Jacquin (Isère) sans aucune traces d'érosion karstique

Seuls quelques très rares rochers sont un peu plus marqués par l'érosion karstique, voici le plus remarquable :

Rare rocher de Pot Jacquin avec quelques traces d'érosion karstique

 

Nous pensons qu'il s'agit là d'un bloc tombé à cet endroit après la glaciation du Würm.

Un bloc erratique sur le plateau de Rompon (Ardèche)

Pour terminer, voici, en dehors de notre domaine habituel de recherche, un bloc erratique situé sur la rive droite du Rhône, au-dessus du Pouzin en Ardèche.

Au sommet du plateau de Rompon, à l'altitude de 396 mètres, voici un bloc erratique de roche basaltique qui mesure environ 1,50 mètre par 2 mètres. Sa partie droite, masquée par un buisson, est séparée du bloc principal par une faille de gélifraction. À gauche du bloc un empilement de fragments, également en roche basaltique, sans doute édifié par un berger ou un chasseur pour s'abriter du vent.

Ce bloc erratique est incongru en ces lieux et il n'est dominé par aucune falaise. Nous pensons donc qu'il a été amené là par un glacier, dont l'altitude est tout à fait compatible avec celle que nous avons déterminée pour le glacier mindellien du Rhône vers le Pouzin.

Bloc erratique au sommet du plateau de Rompon en Ardèche

Conclusion

En conclusion, nous avons pu observer que les blocs constitutifs des clapiers, ainsi que les rochers isolés, ne présentent que très rarement des signes d'érosion karstique.

Ceux que leur situation géographique et leur altitude empêchent qu'il puissent être datés du Würm ou du Riss, se sont donc déposés au cours du Mindel et une érosion karstique, même modérée, aurait dû les faire complètement disparaître.

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Mise à jour le Samedi, 02 Juin 2018 17:15