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Altitude atteinte par les glaciers dans...
Les vallées de la Malsanne et de la Lignarre PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Claude Beaudevin   
Mardi, 26 Octobre 2010 09:35
Version 78

L'extension maximum des glaciers

Dans cette région, nous disposons des cinq sites suivants :

  1. Les Prairies de l'Alpe (site BD10, altitude 1850 m), dépôts glaciaires rissiens figurant sur la carte géologique La Mure, sur une arête où ils n'ont pu être abandonnés que par le glacier de vallée,

  2. Le site de La Montagne (site BD11, altitude 1800 m), qui indique une surface de glacier voisine de 1900 m,

  3. La moraine de Plancol (site BD12, altitude 1920 m) donnée comme post-würmienne par la carte géologique La Mure, mais que sa colonisation parfaite par la végétation nous incite à dater plutôt du Riss ou, selon la remarque faite précédemment, d'un Würm très ancien. La forme rectiligne de cette moraine, située au col même, plaide pour une formation commune aux deux glaciers qui s'y affrontaient : celui du Grand Armet, en route vers la Roizonne et le Drac et celui du Rochail,

  4. Le rebord d'auge situé sous les Mayes (rive gauche de la Lignarre, site BD14, altitude 1820, soit une surface de glacier proche de 1920 m),

  5. Le rebord d'auge BD22, à la cote 1840 m, situé sur l'épaule de l'arête nord-ouest de la Tête de Louis XVI. Au dessus de ce rebord s'étend, sur 200 m une épaule pratiquement horizontale, à 1844 m.

Ceci met la surface du glacier à cet endroit à 1940 m environ. La prise en considération de ces sites conduit à une altitude de surface du glacier du maximum voisine de 1920 m dans les parages du col d'Ornon. Rapproché de la valeur 1850 m au-dessus du Bourg d'Oisans, ce chiffre permet de penser que le glacier ouest du Rochail jouait ici, à cette époque, un rôle prépondérant. Parvenu dans la vallée de la Malsanne, il envoyait bien une partie de ses glaces rejoindre, par le Valbonnais, le glacier du Drac mais une autre partie s'écoulait, par le col d'Ornon et la Lignarre, vers la Romanche. Il existait donc alors, à 1920 m environ, une selle glaciaire au dessus de Chantelouve.

Les glaciers de la Malsanne et de la Lignarre

A la décrue glaciaire, par contre, la faible altitude du Rochail ne devait pas permettre le maintien de cette situation et le col d'Ornon devait laisser passer une diffluence dans le sens nord-sud, de la Romanche vers le Drac, ce qui était également le cas pendant le Würm [G. Monjuvent 1978]. À l'appui de cette thèse, on notera que le profil en long des vallées, supposées débarrassées de leur remplissage post-würmien - bien que la position exacte du "vrai" col d'Ornon sous ce remplissage ne soit pas connue - montre une pente sensiblement égale des deux versants du col et non un profil classique dissymétrique de diffluence.

Les travaux de terrassement de la piste de ski du col d'Ornon ont mis à jour de nombreux éléments de granite, bien entendu allochtone. Ces dépôts culminent à l'altitude de 1650 m (site BD23). À proximité immédiate, le versant ouest de la montagne montre, à 1630 m environ, une ébauche de terrasse au-dessus de laquelle la pente se relève nettement.

Nous voyons ici l'œuvre du glacier würmien de la Romanche, diffluant par le col d'Ornon. L'altitude est en effet tout à fait compatible avec celle de ce glacier au-dessus de Bourg d'Oisans, de l'ordre de 1780 m (voir le graphique à la page sur la vallée de la Romanche). 


Mise à jour le Mercredi, 27 Juin 2012 15:00