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Altitude atteinte par les glaciers dans...
La vallée de l'Arc et ses affluents PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Claude Beaudevin   
Lundi, 18 Avril 2011 12:15
Version 108

 

En deux mots

Cette page comporte :

  • un graphique sur l'altitude de la surface du glacier de vallée de l'Arc,

  • un tableau décrivant les sites caractéristiques de cette vallée,

  • un graphique surl'altitude de la surface de quelques glaciers affluents,

  • un tableau décrivant les sites caractéristiques de ces vallées,

  • des commentaires sur un certain nombre de ces sites particulièrement remarquables,

  • une carte des environs du col du Mont Cenis.

 

NOTE IMPORTANTE

 

Pour permettre le report sur un même graphique de tous les sites quelle que soit leur nature, leurs altitudes ont été majorées (par application des règles exposées à la page  sur l'altitude atteinte par les glaciers) de 50 m pour les sillons vallonnés (SV), les sillons rocheux (SR), les roches moutonnées (RM) et les sommets d'épaulement (SE).

 

N'oublions pas l'effet des mouvements orogéniques et isostasiques.

 

Les altitudes ainsi majorées, indiquées dans la colonne "Alt Glac" des deux tableaux définissent le niveau maximum atteint par les glaces.

 

La courbe "Würm calculé" est obtenue par application de la formule de Nye-Lliboutry, en prenant en compte une origine située 40 km en aval de Grenoble, à l'altitude de 200 m,

 

La courbe " Riss calculé" est, de même, obtenue en prenant en compte une origine située 56 km en aval de Grenoble, à l'altitude de 250 mètres.

 

Dans cette figure, ainsi que dans la suivante, nous avons pris en compte les valeurs déterminées par G. Monjuvent.

 

Altitude atteinte par les glaciers de l'Arc (repères A)

Graphique vallée de l'Arc sans affluents

On constate que les trois sites caractéristiques les plus bas de la vallée de l'Arc (A1, A2 et A3) se situent convenablement sur les courbes théoriques. Le site A4 se trouve une centaine de mètres au dessus de la courbe théorique, différence de niveau qui donne une idée des « pertes de charge » dues au cheminement du glacier dans les 180 km en aval de ce site (La Croix du Jeu), au dessus de Bramans.

 

Sites caractéristiques de la vallée de l'Arc

Légende du tableau

 

Rep

Site

Alt (m)

Alt glac (m)

Type

Nb

Larg (km)

Pente (%)

Dist (km)

Carte TOP25

Carte géol

Coordonnées WGS84

A1

Chaîne des Hurtières

1720

1820

SRD

SVD

30

8,6

5

118

3433OT

La Rochette

32T 282900 5038000

A2

Pointe de Rognier

1650

1750

S

5

2

21

119

3433OT

La Rochette

32T 284300 5035400

A3

Le Petit Rognier

1740

1840

S

2

0,5

-

121

3435OT

La Rochette

32T 283900 5033600

A4

La Croix du Jeu

2290

2340

SVE

SE

3

0,15

Hor

178

3634OT

Modane

32T 328600 5010900

A5

Crêt du Carollier

2000

2050

SE

-

-

-

135

3433ET

St Jean de Maurienne

32T 295200 5022500

A6

Arête sud
Pointe de la Pallaz

2020

2070

SE

-

-

-

136

3433ET

St Jean de Maurienne

32T 295900 5021800

 

Altitude atteinte par les glaciers des affluents de l'Arc (repérés AA)

Graphique vallée de l'Arc avec ses affluents

Les sites caractéristiques des affluents, figurés en vert, sont moins instructifs que ceux de l'Arc lui-même ; en règle générale, ils se situent au-dessus de ceux de la vallée principale, ce qui est normal, les pentes des glaciers affluents étant toujours plus élevées que celle du glacier principal, car ils circulent dans des vallées moins larges. Quelques-uns de ces points se placent toutefois en dessous de la courbe relative au glacier principal, il s'agit de sites liés à des phases de retrait.

Enfin, on pourra consulter une carte du lobe glaciaire würmien qui s'étendait jusqu'au Rhône.

 

Sites caractéristiques des affluents de la vallée de l'Arc

Légende du tableau

 

Rep

Site

Alt (m)

Alt glac (m)

Type

Nb

Larg (km)

Pente (%)

Dist (km)

Carte TOP25

Carte géol

Coordonnées WGS84

AA1

Croix du Cuchet

2100

2150

S

2

0,15

Hor

134

3433OT

St Jean de Maurienne

32T 285000 5025600

AA2

Grand Chatelard

2070

2170

SRE
SVE

12

1,7

20

140

3433ET

St Jean de Maurienne

32T 288400 5020200

AA3

Grand Chatelard

2144

2200

RM

-

-

-

140

3433ET

St-Jean
de-Maurienne

32T 288400 5020300

AA4

Lac Perrin

2362

2410

RM

3

-

-

184

3634OT

Lanslebourg

32T 333700 5007600

AA5

Rochers de Savine

2500

2550

RM

-

-

-

185

3634OT

Lanslebourg

32T 333900 5006500

AA6

Col du Petit Mont Cenis

2305

2350

SG

-

-

-

183

3634OT

Lanslebourg

32T 332900 5008200

AA7

La Tomba

2460

2460

Mor

-

-

-

192

3634OT

Lanslebourg

32T 337100 5013600

AA8

La Grande
Léchère

1670

1770

SRE
SVE

4

0,8

17

133

3433ET

La Rochette

32T 289600 5031500

AA9

Le Grand Pré

1930

1980

SVE

3

0,3

10

134

3433ET

La Rochette

32T 290100 5031500

AA10

Le Pays Désert

2950

3000

RM

-

-

-

208

3632ET

Tignes

32T 347900 5029800

AA11

Crêt d'Ornon (Le Mottey)

2060

2100

SV

>8

2,7

Hor

158

3335ET

St Jean de Maurienne

32T 283200 5009200

 

Quelques sites remarquables de la vallée de l'Arc...

Dans la vallée de l'Arc, les sites les plus remarquables sont ceux de la chaîne des Hurtières (site A1), où plus de 30 sillons, ainsi que quelques lacs ou marais, s'étagent de 345 m d'altitude (Aiguebelle), à 1720 m (col du Champet) sur une distance de 11 km, témoins de l'importante diffluence du glacier de l'Arc vers celui de l'Isère.

L'examen du graphique laisse à penser que les formes supérieures de ce site, de même que celles, voisines, du Petit Rognier (site A3), sont rissiennes, alors que celles de la Pointe de Rognier (site A2), ont dû être empruntées durant la dernière glaciation.

Plus à l'amont, dominant Bramans, le site A4 (la Croix du Jeu) présente, sur le fil de l'arête, quelques sillons vallonnés peu marqués ; mais le rebord d'auge, qui porte la Croix, est très net ainsi que, à 2290 m, le sommet de l'épaulement qui fournit une valeur de l'ordre de 2340 m pour la surface du glacier.

 

... et de ses affluents

Le col de la Madeleine

Ce col (site IA5) constitue un cas particulier remarquable et très instructif. La distance du col au vallum frontal du glacier de l'Isère est de 138 km le long de la vallée de l'Arc, versant sud du col et de 169 km en suivant le versant nord et la vallée de l'Isère ; la largeur de ces vallées au niveau supérieur des glaces étant du même ordre de grandeur, les glaces s'élevaient plus haut au nord qu'au sud du col. Celui-ci était donc emprunté, au maximum de la glaciation, par une diffluence du glacier de l'Isère, grossi des appareils du Grand Pic de la Lauzière et du versant nord du Cheval Noir, en direction de la Maurienne.

La prise en considération de plusieurs rebords d'auge qui, versant nord du col, jalonnent la vallée de l'Eau Rousse en direction de l'Isère, ainsi que celle d'un sommet d'épaulement IA5 qui cote 2180 m à l'est du col nous amènent à attribuer une altitude de l'ordre de 2250 m au glacier rissien au-dessus du col, un peu moins pour le glacier würmien. L'épaisseur de glace sur le col était donc de l'ordre de 200 à 250 m lors des pléniglaciaires. L'existence de plusieurs ravines sur le versant sud du col de la Madeleine montrent que, peu de temps après le pléniglaciaire, Il existait un débit important d'eaux glaciaires à l'altitude de 2000 m. Voir à ce sujet la page sur l'altitude d'apparition des eaux glaciaires.

Le col du Mont Cenis

Dans la haute vallée de l'Arc, les environs du col du Mont Cenis étaient le siège de mouvements de glace résumés par le schéma suivant, qui prend en compte les altitudes et les orientations des sites AA 4 à AA 7 (en particulier direction 215° pour les stries AA 6), ainsi que d'autres formes visibles sur le terrain (en particulier le rebord d'auge du Grand Plan, sous le Signal du Petit Mont Cenis).

L'examen des pentes de chaque côté des deux cols du Mont Cenis et du Petit Mont Cenis vient corroborer ce schéma :

  • Dans le cas du col du Mont Cenis, c'est le versant est qui présente une pente douce, signe que l'écoulement des glaces se faisait vers l'Italie,

  • Pour le col du Petit Mont Cenis, c'est le versant nord-est, preuve que les glaces descendaient vers le lac du Mont Cenis.

Région du Mont Cenis

Le Pays Désert

Enfin les roches moutonnées spectaculaires du Pays Désert à Bonneval sur Arc (site AA10) nous indiquent ici une altitude du glacier voisine de 3000 m.Comme dans le cas de l'Isère, on peut voir que celui-ci se raccordait, aux environs de 3100 m, aux glaciers actuels (Grand Pissaillas).

Les Rochilles

Tout au sud de la Maurienne, la région du Camp des Rochilles présente, en grande partie du fait de la nature des roches qui composent le paysage, un aspect particulier. De longues pentes caillouteuses dominent des lacs aux eaux claires, qui surprennent dans ces montagnes aux allures dolomitiques. Ce sont, bien entendu, des lacs d'origine glaciaire.

Il résulte de nos observations que, du fait de leur éloignement des plaines de pièmont où ils venaient mourir, les glaciers atteignaient ici des altitudes importantes. Il devait exister, entre le col et le seuil des Rochilles, à la verticale des deux lacs (lac du Grand Ban et le lac Rond), une selle glaciaire aux environs de 2700 m très approximativement. Cette selle déchargeait ses glaces :

  • vers l'ouest, au-dessus du col des Rochilles ainsi que vers le sud en empruntant le col des Cerces, en direction de la vallée de l'Arc, via celle de la Valloirette,

  • vers l'est, au-dessus du seuil des Rochilles, vers la vallée de la Clarée puis celle de la Durance.

 
Mise à jour le Mercredi, 27 Juin 2012 14:55