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Les ravinements du Néron PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Claude Beaudevin   
Lundi, 06 Décembre 2010 18:21
Version 135 du 16 octobre 2011

Examinons tout d'abord la tectonique du Néron.

Sur la page sur les enseignements du Néron, et en complément, voici quelques observations sur les couloirs qui strient la face ouest de la montagne.

Image GoogleEarth

Vue du Néron au-dessus de Saint Egrève en Isère

Voir avec Google Earth

(Si Google Earth n'est pas installé sur votre poste, suivez la procédure indiquée ici)

Sur cette image, on distingue deux couloirs, numérotés 1 et 2 :

  • le couloir 1 prend naissance à l'épaulement situé à l'altitude 1007 m,

  • le second apparaît à l'arête frontale, un peu au nord du sommet 1298 m.

 

Voici ce premier couloir, particulièrement large, qui balafre toute la face ouest du Néron et dont la photo suivante précise la naissance.

Face ouest du Néron
 

 

Un peu au nord du point 1007 m, s'ouvre ce couloir que nous pouvons assimiler à une ravine de largeur importante, de l'ordre d'une centaine de mètres.

Nous avons en effet fait remarquer à la page sur les enseignements du Néron qu'il se trouve là un épaulement. Il n'est donc pas surprenant d'y rencontrer une ravine d'épaulement.

Epaulement sur le Néron

L'épaulement ayant été franchi par le glacier au cours du Würm, cette forme d'érosion, qui date certainement des glaciations précédentes, a donc été rafraîchie lors de cette glaciation. Pendant celle-ci, en effet, il nous semble probable que cette zone voyait passer la majorité des eaux glaciaires latérales du glacier de l'Isère, une partie des eaux de la rive gauche étant repoussée vers la rive droite, au travers de l'ombilic grenoblois, par l'afflux des glaces de la Romanche.

Ravine sur le Néron

Par contre, cette autre ravine, le couloir Ulrich, située un peu au nord du sommet 1298 m, présente une forme plus habituelle à ce genre de relief. Ceci peut laisser à penser qu'elle a été parcourue par des eaux glaciaires de débit bien inférieur à celui responsable de la ravine 1.

Or l'altitude du glacier rissien telle qu'elle résulte de la carte figurant à la page sur les enseignements du Néron montre que celui-ci atteignait, près du sommet, une valeur comprise entre 1250 et 1300 m.

Nous attribuons donc aux eaux de surface de ce glacier, franchissant la crête de la montagne sous une faible épaisseur, la formation de cette ravine. L'état de conservation de cette ravine rissienne est remarquable. Ce n'est pas le seul exemple de ravinement de cette époque qui nous soit parvenu dans un état de fraîcheur qui peut étonner. Nous citerons, entre autres :

  • les ravines d'épaulement de la ferme des Bruyères situées dans le bassin du Drac, au-dessus de Nantes-en-Ratier, dans la région de La Mure (Isère), Voir avec Google Earth (coordonnées WGS 84 : 31T 723000 4981400, altitude 1343 m).

  • celle de l'arête nord du Rocher de Château Vert, près de Gresse en Vercors (Isère) E2 qui cote 1440 m.

Dans les deux cas, une origine rissienne est certaine, le bassin du Drac n'ayant pas été englacé ici pendant le Würm.

On trouvera d'autres exemples de ravines à la page sur les ravinements d'origine glaciaires.

Mise à jour le Jeudi, 17 Novembre 2011 10:09