Cliquez sur ce bouton +1 pour dire à vos amis que cette page vous a plu.    
Textes, croquis et photos (sauf mention contraire) Claude Beaudevin  e-mail Claude Beaudevin Présentation et mise en page Bruno Pisano  e-mail Bruno Pisano

  Certains mots à la signification spécifique sont écrits en bleu et soulignés en pointillés. Si vous laissez la souris dessus, une info-bulle affichera leur définition.

 
Naissance et mort d'un lac PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Claude Beaudevin   
Dimanche, 05 Décembre 2010 13:03
Version 69

Naissance...

Le versant ouest des Grandes Rousses (Isère) présente un relief remarquable : une série de "marches d'escalier" très caractéristiques, dues aux blocs basculés apparus lors de l'ouverture de l'océan alpin. Sur chacune de ces marches, l'érosion a érodé les terrains peu résistants qui recouvraient les roches primaires du socle et des lacs se sont installés dans les creux ainsi dégagés (lacs Blanc, de la Fare, lacs Besson, etc).

Le lac de la Barbarate sous le glacier du même nom
Le recul actuel des glaciers commence à peine à dégarnir de sa couverture de glace la marche la plus élevée de l'escalier et une nouvelle série de lacs voit le jour.

Voici celui de la Barbarate (2681 m), sous le glacier du même nom, que l'on devine à droite.

Plus de détails sur la géologie des Grandes Rousses sur le site geol-alp.com

... et mort d'un lac

Il faut bien voir qu'un lac est une formation éphémère - au sens géologique du terme, s’entend - et qu'il est destiné à disparaître, remblayé par les débris végétaux et les apports solides des cours d’eau.

La végétation commence à envahir les magnifiques lacs de Camporells (Pyrénées Orientales). Leur situation, à l'écart des eaux courantes, leur évite toutefois un comblement trop rapide par les apports solides.

Les lacs de Camporells dans les Pyrénées Orientales

En effet, si un lac n'est alimenté que par la nappe phréatique, il ne recevra pratiquement aucun apport solide mais - s'il n'est pas trop profond - il finira toutefois, à plus ou moins brève échéance, par se transformer en riche prairie.

En moyenne montagne, ce sont des tourbières qui se sont généralement établies en premier lieu dans les lacs les moins profonds. Certaines d'entre elles (lac Luitel, Isère) ont persisté jusqu’à nos jours. À tel point que, au même titre que les lacs qu’elles ont remplacés, les tourbières signent le plus souvent le passage d’un ancien glacier. Par la suite, elles ont fréquemment été colonisées par la végétation et transformées en prairie au sol horizontal.

En général, cependant, ce sont les alluvions qui ont comblé les cuvettes lacustres.

L’ombilic de Freyssinières dans les Hautes-Alpes

Un lac remplissait autrefois l’ombilic de Freyssinières (Hautes-Alpes) - vu ici en direction de l'ouest - qui domine la Durance de 200 mètres et dont le gradin de confluence est entaillé par une gorge de raccordement remarquable, le Gouffre de Gourfouran.

L’ancien lac présentait une double origine, un gigantesque tassement de versant étant venu recouvrir un probable verrou rocheux.

Il a été comblé par les alluvions de la Biaysse qui draine les terrains fragiles du flysch (visibles à l'arrière-plan gauche de la photo et de faciès très différent des calcaires dolomitiques de droite).

Le lac des Vaches, prés du col de la Vanoise (Savoie) ou encore le Plan de Parouart (Haute Ubaye) sont , eux aussi, d'anciens lacs comblés.

Il y a une vingtaine d'années, nous avons rencontré un "ancien" qui se souvenait d'avoir pêché dans ce dernier lac dans sa jeunesse.

 
Mise à jour le Vendredi, 21 Janvier 2011 17:01