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La règle des sommets d'épaulement PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Claude Beaudevin   
Jeudi, 08 Juillet 2010 17:46
Version du 26 octobre 2016

Qu'est-ce qu'un épaulement ?

Rappelons brièvement ce que sont les épaulements, une des formes qui caractérisent le mieux les vallées glaciaires :

un épaulement est une portion sensiblement horizontale ou peu inclinée du contrefort d'un sommet latéral d'une vallée glaciaire et généralement perpendiculaire à celle-ci.

Pour voir d'autres exemples d'épaulements et comprendre leur mode de formation.

Voici, face à face, deux épaulements situés dans la vallée de la Malsanne, affluent du Drac (Isère).

Epaulements dans la vallée de la Malsanne
Image sensible au passage de la souris

Les épaulements peuvent être mis en évidence par un examen in situ des paysages. Mais on peut également travailler sur les cartes. Rappelons comment il est possible d'identifier un épaulement sur une carte où figurent les courbes de niveau.

Il existe deux types d'épaulements de formes légèrement différentes : les épaulements simples et les épaulements à pommeau.

Voici un exemple d'épaulement simple :

Exemple d'un épaulement simple

Deux autres épaulements simples superposés dans la vallée de l'Eau d'Olle (Isère)

Deux épaulements simples superposés
De son sommet à son rebord d'auge, chaque épaulement simple est horizontal ou légèrement descendant.
 

Voici maintenant un épaulement à pommeau :

Exemple d'un épaulement à pommeau

L' épaulement de la Croix de la Plaigny, dans la vallée du Drac (Isère)

Exemple d'un épaulement à pommeau

Dans ce type, l'épaulement, également horizontal ou légèrement descendant, se termine, peu avant le rebord d'auge, par une remontée à un petit sommet que nous avons baptisé « pommeau » par analogie avec la partie correspondante d'une selle targuie.

Vous trouverez quelques exemples d'épaulements un peu plus bas dans cette page. D'autres pages du site décrivent les plans d'épaulements, les épaules glaciaires et les seuils glaciaires, ainsi qu'une description de leurs modes de formation.

La règle des sommets d'épaulement

Il est connu que la surface d'un glacier de vallée s'élève « quelque dizaines de mètres au-dessus du sommet des épaulements créés par ce glacier ». Nous avons adopté pour cette valeur celle de 25 mètres, de manière à pouvoir obtenir des résultats pouvant être portés sur des graphiques. Nous avons également admis que, les propriétés de la glace étant les mêmes, il était possible d'utiliser cette même valeur de 25 mètres pour la glaciation du Mindel.

Pour déterminer approximativement l'altitude atteinte par un glacier de vallée en utilisant celle de l'un des épaulements existants sur ses versants, on ajoutera donc 25 mètres à celle du sommet de cet épaulement. On ne tiendra compte que des épaulements sensiblement perpendiculaires au talweg de la vallée. En effet, dans le cas contraire, c'est qu'ils ont été sculptés par un glacier distinct de celui-ci, par exemple un de ses affluents.

Si, dans une section d'une vallée, existent plusieurs épaulements proches les uns des autres, le plus haut d'entre eux fournira alors l'altitude atteinte à cet endroit par le glacier au pléniglaciaire de la glaciation maximum, celle du Mindel.

Sur certains contreforts, l'épaulement le plus élevé fournit parfois une valeur d'altitude de la surface glaciaire inférieure à celle que l'on peut déduire d'un épaulement situé plus en aval. La surface d'un glacier étant toujours descendante tout au long de la vallée - sauf à être horizontale ou sensiblement horizontale à l'approche d'un glacier affluent important - on ne tiendra pas compte de la valeur fournie par cet épaulement, créé lors d'un stade de retrait.

Quelques exemples d'application de la règle des sommets d'epaulements

Epaulement de La Chalp dans l'Oisans

L'épaulement de La Chalp (Oisans, Isère), dont le sommet s'élève à l'altitude de 1780 mètres. Majorée de 25 mètres en application de la règle des sommets d'épaulement, le niveau du glacier était donc ici d'environ 1810 mètres. Il s'agissait donc du glacier rissien.

 

La Bosse de Chamoissière, sous le Signal éponyme, domine le refuge de l'Alpe du Villard-d'Arêne (Haute Romanche, Hautes-Alpes).

Elle présente un profil typique de flanc de vallée glaciaire, avec sa trilogie : flanc d'auge - épaulement (celui-ci en tiretés rouges) - parois d'auge supérieures.
Ici, le glacier a mis à profit le passage d'une faille (à la rencontre des tiretés rouge et blanc) ainsi que le changement de nature des roches (dolomies triasiques sur le versant gauche de l'épaulement, gneiss de la Lavey sur son versant droit et dans les parois supérieures) pour façonner cet exemple parfait de modelé glaciaire.

On peut dire que la différence de nature des roches est responsable de l'emplacement d'un épaulement et que c'est le glacier qui lui a dicté son altitude.

L'altitude du sommet de cet épaulement étant de 2580 mètres, la surface glaciaire à cet endroit était voisine de 2600 mètres.

La Bosse de Chamoissière
 
Epaulement sous la Pointe de Comboursier

Le torrent de Bénétant, un affluent de l'Isère au niveau de La Bâthie (Savoie), présente plusieurs épaulements remarquables par leur régularité, dont voici celui situé le plus à l'amont, sous la Pointe de Comboursier. Sa crête, à peu près horizontale, que prolonge, vers la  droite de la photo, une broue, s'élève à 2079 m, d'où l'on peut déduire une altitude de surface glaciaire voisine de 2104 mètres.

 

Enfin, un peu en aval, sur le même versant mais cette fois sous la Grande Pointe de Bizard, un autre épaulement présente un sommet qui cote 1953 m, d'où une altitude de surface glaciaire de l'ordre de 1980 mètres.

Ces altitudes sont tout à fait cohérentes entre elles et également avec celle du glacier de l'Isère, avec lequel le glacier de Bénétant confluait vers La Bâthie.

À cette distance importante de la moraine terminale du glacier, toutes les glaciations atteignaient d'ailleurs sensiblement la même altitude.

Epaulement sous la Grande Pointe de Bizard
 
Vallée glaciaire de l'Unteraar en Suisse

Dans le cas le plus général, les épaulements sont séparés par des ravins qu'occupaient  jadis des glaciers affluents.

Lorsque, faute de bassins d'alimentation, il n'existait pas de tels glaciers affluents, comme c'est le cas dans la vallée de l'Unteraar (Suisse), les épaulements sont remplacés par un plan incliné, un "plan d'épaulement".

Plus d'informations à la page les plans d'épaulement.

Photo S.Couterand

 

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Mise à jour le Lundi, 12 Décembre 2016 09:34